Voici une constellation plus discrète mais relativement facile à repérer dans le ciel d’hiver. Son étoile principale, Aldebaran, brille d’une légère lueur rouge et se trouve à l’extrémité d’une des branches d’un petit V dans le ciel. Son élément remarquable, un peu plus loin, reste l’amas des Pléiades. Un objet très lumineux dans le ciel qui perd de son éclat quand on le regarde directement. On doit pouvoir distinguer 5 étoiles à l’œil nu très rapprochées les une des autres, nous aurons l’occasion d’en reparler plus tard.

La légende

La légende est celle d’Europe, princesse Phénicienne correspondant à la région du Liban aujourd’hui. Zeus, le dieu des dieux et assez peu fidèle, tombe sous son charme et se met en tête de la séduire. Pour ne pas éveiller les soupsons de sa femme Hera, Zeus décide de se méthamorphoser en un magnifique taureau blanc et rejoint le troupeau appartenant au père d’Europe. Europe le remarque immédiatement et monte sur le dos du taureau qui file aussitôt vers la mer et s’éloigne des côtes pour rejoindre l’île de Crète. Ainsi isolé, Zeus s’accouple avec la belle princesse et de leurs unions naissent trois garçons. L’aîné, Minos, deviendra le roi de Crète.

École de Maître des Cassoni Campana – Les amours de Pasiphaé – XVIe siècle

Minos est d’ailleurs au cœur de la très célèbre légende du Minotaure magnifiquement racontée par le livre “Circée” de Madeline Miller que je vous recommande vivement. L’épouse de Minos, Pasiphaé, provoque les colères de Poséidon en ne voulant pas sacrifier un beau taureau qui se trouvait sur son île. Pour se venger, Poséidon rendit Pasiphaé amoureuse de ce taureau. Quelques mois plus tard, Minos assiste à la naissance de ce qu’il croyait être son fils mais Pasiphaé accouche du fruit de son union avec le taureau, le Minotaure. C’est un monstre sanguinaire, mi-homme mi-taureau, qui dévore toutes les ressources de l’île de Crète. Pour protéger son peuple de son appétit vorace, Minos décide de l’enfermer dans un labyrinthe dessiné par l’ingénieur Dédale qui sera le théâtre d’une autre célèbre scène de la mythologie grecque … mais c’est une autre histoire.

Pour aller plus loin

L’amas ouvert des Pléaïdes

Les Pléiades sont les 7 filles d’Atlas et de Pléione. Elles portent le nom de Alcyone, Maïa, Astérope, Taygète, Célaéno, Electre, et Mérope. C’est un des éléments dans le ciel qui permet de mesurer la qualité optique d’un télescope. Viser les Pléiades et compter combien d’étoiles vous arrivez à distinguer vous donnera un point de comparaison avec d’autres instruments.

Les pléiades sont un amas ouvert, comprendre un paquet d’étoiles plutôt jeunes et issu du même « nuage » de matière. On appelle parfois ces objets une pouponnière d’étoiles car c’est là où naissent les nouvelles étoiles … encore aujourd’hui. Les pléiades sont l’amas ouvert le plus proche de nous alors profitons-en !

Dans un autre catalogue (il y a des catalogues de noms d’étoiles), cet amas des Pléiades porte le doux nom de M45. C’est donc le 45ème objet référencé par Mr Messier dans une liste qui en compte 103 au 16e siècle. Charles Messier se fichait bien de connaître la nature de ces objets découverts dans son catalogue. Il voulait simplement évité que ces tâches flous et « nébuleuses » dans le ciel soit confondues avec une comète. Hé oui, ça lui est déjà arrivé ! Il ne se fera pas avoir deux fois le Charlot !

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